Rega – Garde aérienne suisse de sauvetage

Les avions-ambulance de la Rega ont rapatrié 50 patients au cours des quatre dernières semaines

Au cours des quatre dernières semaines, les équipages des avions de la Rega ont rapatrié une cinquantaine de patientes et patients depuis quatre continents – dont plus d’une douzaine de patients Covid-19 ou suspectés d’être atteints du virus. L’unité d’isolement des patients (PIU) – spécialement développée pour le transport de patients infectieux – a été utilisée à cette fin. Le cas d’un rapatriement de deux patients Covid-19 depuis l’Île Saint-Martin (F/NL) dans les Caraïbes illustre bien les efforts d’organisation d’un rapatriement en Suisse en ce moment – réalisable uniquement avec le soutien du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

L’organisation des rapatriements en tant de pandémie de Coronavirus pose des défis majeurs à la centrale d’intervention de la Rega. En effet, les réglementations d’entrée et de sortie changent continuellement dans le monde entier. Pour chaque rapatriement, la centrale d’intervention et ses chef·fe·s d’opération doivent clarifier avec les autorités compétentes si et sous quelles conditions l’équipage Rega peut entrer dans le pays et, en outre, s’assurer que le patient est autorisé à en sortir. Malgré cela, les trois avions-ambulance de la Rega ont été très sollicités au mois de mars : une cinquantaine de patientes et patients blessés ou malades à l’étranger ont été rapatriés en Suisse – entre autres depuis le Brésil, l’Afrique du Sud, le Cambodge ou Marseille. 

Soutien du DFAE pour un rapatriement depuis Saint-Martin

Au cours des derniers jours et des dernières semaines, les équipages des avions-ambulance ont pris en charge à bord plus d’une douzaine de patientes et patients Covid-19 ou suspectés d’être atteints du virus. L’organisation d’une partie de ces missions Coronavirus s’est révélée particulièrement complexe, comme l’illustre le rapatriement, jeudi 2 avril 2020, d’un couple suisse depuis l’Île Saint-Martin dans les Caraïbes. Le couple était hospitalisé dans un établissement de la partie française de l’île et a dû être transporté en ambulance de l’autre côté d’une frontière fermée, jusqu’à l’aéroport situé sur le territoire néerlandais. Seul le soutien du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), lequel est intervenu auprès des ambassades des deux pays – a permis l’obtention des autorisations nécessaires au franchissement de la frontière. À l’inverse, la Rega soutient le DFAE grâce au savoir-faire de sa centrale d’interventions aériennes ; elle fait partie d’une cellule de crise du DFAE qui coordonne la plus grande opération de rapatriement à ce jour de touristes et voyageurs d’affaires suisses. 

Transport de patients atteints du Covid-19 dans l’unité d’isolement des patients (PIU)

L’unité d’isolement des patients est utilisée dans la plupart des cas de rapatriement de patientes et patients atteints du Covid-19. La Rega et ses partenaires ont développé cette unité en 2015. Elle permet de transporter des patients atteints de maladies infectieuses dans l’avion-ambulance (voir encadré). Le médecin-chef de la Rega, le Dr Roland Albrecht – lequel a assumé la direction du développement de la PIU explique : « Avant l’embarquement à bord de l’avion-ambulance, le patient est isolé selon une procédure stricte dans ce que l’on pourrait appeler une tente de protection. Cela évite le risque d’infection de l’équipage de l’avion-ambulance pendant le vol. » Un autre avantage : l’avion-ambulance n’a ainsi pas à être nettoyé et désinfecté suite au vol ; il est immédiatement disponible pour la mission suivante. 

Lors du rapatriement depuis Saint-Martin, un transport avec deux PIU dans un avion-ambulance a été effectué pour la première fois. Des patients atteints de Covid-19 sont également transportés sans ce système car le nombre d’unités d’isolement des patients (PIU) est limité. « Nous pouvons nous en passer, en particulier pour les patients placés sous assistance respiratoire, car le système de respiration artificielle en circuit fermé limite déjà suffisamment le risque de contamination pour l’équipage. », explique le Dr Roland Albrecht, médecin-chef de la Rega. Dans ce cas cependant, l’équipage médical porte alors des combinaisons de protection durant le vol. 

Soutien d’autres États et organisations

Les trois avions-ambulance de la Rega sont également à la disposition d’autres États et organisations si leurs capacités le permettent. Le dimanche 29 mars 2020 et le jeudi 2 avril 2020 par exemple, la Rega a pris en charge au total quatre patients atteints de Covid-19 gravement malades et sous ventilation artificielle, de Bolzano (I), Bergame (I) et Leipzig (DE) – ceci en trois missions. À chaque vol, deux équipes médicales de la Rega se trouvaient à bord pour la prise en charge des soins intensifs. Chacune était composée d’un·e médecin et d’un·e spécialiste en soins intensifs. Le transfert médicalisé de ces patients s’est inscrit dans le cadre d’une campagne européenne de solidarité dans laquelle, par exemple, les hôpitaux allemands qui disposaient encore de lits de soins intensifs libres ont pris en charge des patients italiens et français atteints de Covid-19. 

L’unité d’isolement des patients

La déclaration de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, en 2014, a mis en évidence la quasi-inexistence de concepts de transport sûr pour les patients hautement contagieux. Aussi la Rega a-t-elle mis au point, en coopération avec divers partenaires, une unité d'isolement, ou patient isolation unit (PIU), pour les transports aériens ainsi qu'un concept ad hoc. L’unité d’isolement et le concept y relatif permettent à la Rega de rapatrier ou de transporter des patients atteints de maladies infectieuses connues ou inconnues à bord de ses propres avions-ambulance, et ce de façon simple et sécurisée avec un minimum de personnel. Avant la pandémie de Coronavirus, la PIU a été utilisée entre autres pour un cas suspecté d’Ebola et pour des patients atteints de tuberculose active, hautement contagieuse. Les équipages de la Rega sont régulièrement formés à ce type de transport afin de s’assurer que chaque mouvement est bien calibré en cas d’urgence.